Ces rares personnalités qui deviennent… une marque légendaire.

 

lMohamed Alils/elles révolutionnent leur domaine et, leur prise de position est tellement affirmée, forte et incarnée que ces « brand counters » font profondément avancer leur monde… notre monde.

On enterre aujourd’hui l’un d’entre eux. Il s’appelait Mohamed Ali. Ses coups de gueule ont été encore plus « disruptifs » que ses uppercuts pour l’Amérique blanche des années 60-70.

Ali était un sportif hors-norme mais il ne serait jamais devenu une légende sans asséner sa communication très personnelle.

La preuve par 7 :

1) Vous voulez connaître ses 3 thèmes « éditoriaux » ?

  • 1) la lutte des noirs contre l’Amérique blanche.

« Mes ennemis sont les blancs. Jamais un Viet-Cong ne m’a traité de sale nègre » (1976). Répondant à un journaliste blanc : « vous me brimez quand j’aspire à la liberté, à la justice, quand je demande l’égalité. Et vous voulez que je me batte ! »

  • 2) La lutte du boxeur noir contre un autre boxeur noir qu’il déteste : Joe Frazier
  • 3) La lutte du noir rebelle contre le noir pro-américain… « tellement intégré au système blanc » : George Foreman

2) Changement de nom de marque après 22 ans

Cassius Marcellus Clay Jr (17 janvier 1942 -1964) : son nom « d’esclave » qu’il détesta.

Muhammad Ali (1964 – 3 juin 2016)

3) Sa stratégie pour faire le buzz médiatique ?

Des conférences de presse d’une prétention sans limite pour humilier ses adversaires et affirmer très haut sa supériorité.

En 1965, après une nouvelle victoire lors du 1er round (contre Sonny Liston), il parade, fait le beau… fait le buzz :

« I’m so great, I’m so pretty »

Il a 23 ans. Les médias adorent et reprennent. La légende est en route…

4) Fort sur ses appuis en contenu de marque…

Ses propos étaient réguliers, TRÈS incarnés et identitaires. Imaginez la déferlante si les réseaux sociaux avaient existé à l’époque…Avec de telles prises de parole, il a ébranlé le système et cassé le « statu quo » comme aurait dit Steve Job.

5) Territoire de marque…

Ce petit-fils d’esclave d’origine irlandaise va même, selon la vox populi, jusqu’à libérer 14 otages en rencontrant Saddam Hussein. Son réseau s’agrandit autant que son palmarès pour y voir figurer des personnalités aussi influentes que Malcom X., Nelson Mandela, Pelé, Arnold Schwarzenegger,…

En 2005, il obtient une nouvelle distinction: la Médaille présidentielle de la Liberté, la plus haute distinction civile de cette Amérique qui l’avait, jadis, exclu 5 années pour ses propos jugés anti-patriotiques.

6) Une p’tite signature pour synthétiser son positionnement ?

Pas de problème, cette marque ambulante avait tout prévu :

« I’m the greatest of all time »

Et quelques accroches historiques dont « I float like a butter fly, sting like i bee » (« Je vole comme un papillon et pique comme une abeille ») pouvait-on lire sur les produits dérivés… euh, les T-shirts de ses entraineurs, et autres sparring-partners,…

7) Et, à l’âge de 30 ans, un « why »

(cf. Simon Sinek…) désarmant de fulgurance : « Être prêt pour rencontrer Dieu ! »

« Posséder des biens immobiliers, développer un commerce, enseigner la boxe… Cela ne va pas me faire accéder au paradis. » « Dieu nous regarde, nous juge… Donc, je vais consacrer ma vie en utilisant mon nom et ma popularité pour aider la charité, aider les gens, unifier les gens… Nous avons besoin de quelqu’un dans ce monde pour aider ceux qui rétablissent la paix. » (Conférence en 1972)

On peut difficilement faire plus « macro » comme vision…

https://www.youtube.com/watch?v=sHdgqWRgkfk

Tout seul, il s’est construit sa propre légende qui, elle, n’est pas prête de s’éteindre…

Stéphane Peyré

Enregistrer