Les vidéos postées sur YouTube peuvent rencontrer un succès insoupçonné. Cela a poussé certains acteurs de cette branche à en faire un véritable business. Tout le monde a, au minimum, déjà entendu parler de Cyprien, Norman, Squeezie,… Ce sont donc parfois de véritables chaînes qui trustent cette plateforme de partage de vidéos, avec maison de production à l’appui pour les artistes vidéastes. YouTube pourrait-il devenir un nouvel écran de cinéma ?

Ce sont de petits films qui captivent leur auditoire, qui font du buzz -comme on se plait à le souligner- par le biais des plateformes comme YouTube ou DailyMotion. Des séquences habiles, drôles, créatives… qui sont partagés abondamment via Facebook, Twitter ou par courriel sur la planète entière pour certains. Un buzz qui est parfois savamment orchestré, avec la tentation de plus en plus grande d’en faire une industrie ; un nouveau média avec de nouveaux producteurs. Car oui, ces vidéos « amateurs » ne le sont plus vraiment…

«Pousse toi Rihanna, voilà PewDiePie !»

Il a 23 ans. Il est Suédois. Il se filme en testant des jeux vidéos. Il joue, crie, sursaute, il est drôle et fait craquer les filles, voilà la star incontestée de YouTube. « Pousse toi Rihanna, voilà PewDiePie ! » a pu s’exclamer Maker Studio, son studio de production. Car si l’artiste Rihanna n’a que 400 000 fans sur sa chaine YouTube, PewDiePie, Felix Kjellberg de son vrai nom, en a quant à lui 14,5 millions. L’amateur est dorénavant un professionnel, devenu millionnaire grâce à YouTube avec comme producteur Maker Studios.

Siliwood, la rencontre entre la Silicon Valley et Hollywood

L’industrie de la vidéo est en train de changer. Dans un article sur Techcrunch il est souligné que « nous en sommes à un point d’inflexion dans le futur monde de la vidéo, les nouvelles sociétés de production seront nées avec YouTube. » Un terme existe depuis les années 90 pour décrire ces nouveaux lieux de production : siliwood, la rencontre entre la Silicon Valley et Hollywood, tout cela aux alentours de Los Angeles. (Siliwood sera d’ailleurs le nom d’un centre de recherche créé par Orange et Havas Média). Car il n’est plus question de publier plus ces vidéos à la va-vite, sans arrière pensée de renommée potentielle, du moins sans la connaissance des ficelles techniques qui pourraient augmenter les clics. … Le nom des studios qui font les stars de YouTube sont encore méconnus : Maker Studios, Fullscreen, Machinima, TGN. Mais leur potentiel de notoriété est exponentiel.

« Tout le monde peut se prendre pour Hollywood »

Fullscreen, un réseau orienté vers les vidéos amateurs, le déclare clairement dans un article publié dans Les Échos : « L’audience potentielle s’est considérablement élargie. Tout le monde peut se prendre pour Hollywood. »

Machinima (la compression de machine, cinéma et animation) est plutôt orienté gaming (industrie du jeu). Fort de 10 millions d’abonnés et de 250 000 vidéos, ils ont sorti Mortal Kombat en coproduction avec Warner Bros. Pour certains d’ailleurs, Machinima pourrait concurrencer les chaînes du câble à l’instar d’un opérateur comme Netflix (qui propose des films en flux continu sur internet). Ils ont utilisé d’ailleurs leur méthode, en offrant au visionnage, comme Netflix l’avait fait pour la série House of Cards, tous les épisodes en même temps.

Maker studios, fondés par des stars de YouTube il y a quatre ans (Danny Zappin, Lisa Donovan, Scott Katz, Kassem Gharaibeh, Shay Butler et Ben Donovan) regroupent des vidéos sur l’industrie du jeu, la musique, le lifestyle, la comédie. Parti de rien il y a trois ans, Ynon Kreiz (ancien d’Endemol) et directeur actuel de Maker Studios, peut annoncer un taux de croissance dépassant les 300% par an. D’autres chiffres : voilà 16 000 artistes totalisant plus de 260 millions d’abonnés avec 60 000 chaînes YouTube et 4 milliards de vidéos vues par mois. De quoi faire trembler les studios de production vieille école, non ?

Source: http://www.rfi.fr/technologies/20131015-siliwood-hollywood-maker-studios-youtube-machinima-netflix